...Mon Désiré...

...Mon Désiré...
.


« Dors mon enfant de rêve, dors mon c½ur émerveillé. Dors la nuit brève, dors mon coeur émerveillé. Dors la nuit brève, dors mon c½ur émerveillé. »


Il ferme ses doux yeux chocolat, le sourire enfantin aux lèvres. Je l'aime plus que tout au monde, ma chair, mon sang. Sa chair, son sang. Ce corps innocent qui a grandit en mois pendant 7 mois. Cet ange que j'ai mis au monde, ce soir ferme ses yeux pour la dernière fois. Sa dernière berceuse. Je m'allonge à ses côtés. Sa respiration est si faible, mais régulière.

Dors mon bébé, dors mon ange je suis là tout près de toi. Je t'aime tant. Je te donne la vie et te la reprend. Pourquoi ? Tout est question de ton bonheur. Tu le sais, tu le sens. Le mal te ronge, te brûle de l'intérieur. Je ne supporterai pas cette vue, de toi... Mon bébé mourrant a petit feu, perdant toute ton innocence. JAMAIS, Ô grand Dieu, jamais. Mais tu ne sera pas le seul a faire ce long voyage mon enfant. Je te suis, te prend la main... A la vie, a la mort. Jamais sans toi. Mais pour un ange, la mort doit être douce, comme la venue au monde. Je me souviens encore de ce jour où tu es venu en moi.

Il pleut dehors, l'eau coule, voyage, se perd sur mon corps. J'ai froid mais c'est si bon de se sentir vivante. Je suis debout au milieu de ma cours, je tourne, frivole comme une folle. Je suis si bien, enveloppé par ce froid qui bizarrement me réchauffe. Je m'arrête net. La tête me tourne, je me sens faillir, mes jambes ne me supportent plus, je chancelle, mes jambes se plient et je tombe. Mais mon corps ne touche pas le sol, ce beaucoup plus suave que cette terre humide. Un corps, un homme, deux yeux bleus. Il me regarde, il rigole. Ma tête redescend doucement sur mes épaules. Je reprends possession de mon esprit. Toujours dans ses bras.

« Petite folle, qui décolle, s'envole. Finiras-tu par redescendre un jour ? Tu me manques, plus que tu ne peux imaginer. Tes mains dans les miennes, ta bouche sur la mienne, tes yeux volant les miens. Reviens moi ! »


Je souris, il est si doux, si tout que rien ne manque. Il serre un peu plus son étreinte charnelle. Je veux que le temps s'arrête que les Dieux m'autorisent ce péché si bon. Faire l'amour a cet homme, ce soir, ici, maintenant, sous la Lune et les étoiles. Dieux si tu entend ma prière autorise moi ce crime. Lui aussi a péché, il a volé. Oui il a volé mon c½ur. Je veux aussi qu'il me vole mon innocence. Pour un soir ou pour l'éternité, peu m'importe. Tant que cette fois peu exister.

« Redonne moi la vie, ce soir. Attache mes ailes pour ne plus que je parte. Fais moi prisonnière de ton c½ur. Tu me peux me tuer, me détruire, je m'en moque et tu veux savoir pourquoi ? Parce que aujourd'hui, oui aujourd'hui j'ai compris que nous sommes des êtres exceptionnels, parce que nous nous aimons. Pas un simple amour, je parle de cet amour qui nous conduit au delà du paradis. Je t'aime ! »


Ces mots délivrés par ma bouche, se glisse dans son c½ur. La suite est si prévisible, si attendue. J'ai rêve, il m'a tout donné pour me faire sourire. Son corps, son c½ur, sa chair, son sang et un enfant. Le soleil a faire son salut aux Dieux, mais lui n'était plus là. Juste une lettre, écrite de ses douces mains.

« Tellement je t'aime que je te hais »


Il est partit, je lui pardonne. Et pis c'est son choix de partit. Comme je lui ai dis : il peut me tuer, me détruire, ça ne changera rien a notre relation. L'amour soigne tout, il peut faire place à la haine. Mais oui tellement on s'aime qu'on se haït. Les jours passent, les formes prennent place, un reflet dans la glace, je ne m'en lasse. 1 mois, 2 mois, 3 mois, 4 mois, 5 mois, 6 mois, 7 mois Mais pourquoi j'ai si mal... ne m'aime tu pas pour me faire autant souffrir. Mon ventre endoloris, mon c½ur qui doute de l'amour que cet enfant me portera. Un exams, un verdict, la sentence. Tu vas mourir sans même connaître la vie. Ma faute ? Non, personne n'est coupable de ce malaise. Mais tu dois quand même vivre. Même quelque seconde, juste pour que je te voie sourire, ouvrir les yeux, serres mes doigts dans les tiens. Je veux pouvoir te chanter cette douce berceuse. Alors cette nuit de décembre tu es né, tu as crié. Je te garde près de moi, serres tout contre ma poitrine. Ce besoin de chaleur, de douceur avant la froideur de la mort. Le docteur m'annonce que ta vie ne durera que 1 mois. Seulement ! Je ne savais mais c'est toujours douloureux de l'entendre. On pourrait me le répéter une infinité de fois, la douleur serait toujours identique. Présente, violente, insupportable. Jamais tu ne me dira maman, jamais je te verrai courir vers moi les bras ouverts et me criant je t'aime. Jamais je ne ferai les cents pas tard dans la nuit car tu n'es pas rentré. Jamais je ne te ferai le moral sur l'amour, les filles, les relations. Jamais tu ne me diras : « Maman je vais me marié, je l'aime, c'est toute ma vie », Jamais tu ne me diras que tu vas être Papa. C'est si injuste cette vie, ce monde. Les parents ne devraient pas voir mourir leur enfant. Je pourrai passer ma vie à pleurer, à m'en vouloir. Ca ne changera rien, ta vie à une fin. Proche soit-elle ! Mais moi je peux te dire que j'ai dis Maman, je t'aime, j'ai courus les bras ouverts vers cette douce femme à la peau blanche, aux doux et ronds yeux marrons. J'ai reçu beaucoup de morales sur la vie. J'ai trouver l'homme que j'aimais, j'ai eut un bébé. C'est toi. Il n'y aura que toi.

« Reste au creux de moi, mon enfant, mon tout petit
Reste au creux de moi, le voyage n'est pas fini.

Je sens que tu es la, enveloppe de nuit
J'écoute sous mes doigts mon ventre qui frémit
Je ne sais pas encore ou cognera le fruit
Ni le cri de mon corps, en m'arrachant ta vie.

Reste au creux de moi, mon enfant, mon tout petit
Reste au creux de moi, le voyage n'est pas fini.

Je suis ton horizon, ta bouche et ta chaleur
Ma plus belle chanson, c'est le pas de ton c½ur
Et quand revient le soir, tu m'offres la douceur
De tes sursauts bavards, et je t'apprends par c½ur.

Reste au creux de moi, mon enfant, mon tout petit
Reste au creux de moi, le voyage n'est pas fini.

Tu glisses à travers moi jusqu'à l'orée du jour
Où tu t'échapperas à force d'être lourd
Tu es le prisonnier de mon toit de velours
Et je ne peux manquer ton rendez vous d'amour.

Reste au creux de moi, mon enfant, mon tout petit
Reste au creux de moi, le voyage n'est pas fini.
Le voyage n'est pas fini, le voyage n'est pas fini ! »


Dernière mélodie pour toi mon joli, mon tout petit. Cela fait exactement 8 mois que tu partages ma vie ; 7 mois en moi et 1 auprès de moi. Le bonheur existe. Je le vois tous les jours depuis 1 mois en me levant le matin. Un bébé c'est si doux, si petit. Il sent le bonbon, j'aime. Je suis ivre de lui. Mon ange sans nom. Je ne sais pas comment le nommé. C'est si fragile un prénom. On cherche, on remet en question. On doute. Et si je ne l'appelais pas. Non impossible, il ne pas être inconnu. Non mon enfant tu auras nom. Je t'ai tant désiré.

Tu dors, si paisible. Ce soir tu meurs, moi ta mère, je te tue pour que tu vives. Oui, un peu de ce sirop, celui qui endors, celui qui calme. Celui que personne ne donne. Moi, jeune femme perdue, sans plus aucun but dans la vie que celui de libérer son fils de toute cette souffrance qui va le ronger dans quelque jours. Trop ! Cette vision, je ne peux. Je suis sa mère, celle qui la mise au monde et celle qui le rependra de ce monde.

Tout contre moi. Ton ventre se soulève de façon moins régulière. Puis plus rien. Le silence, ton souffle n'est plus, tes mouvements non plus. Je ne pleure pas. Je ne pleurai pas. Pourquoi ? Parce que j'arrive mon enfant. Je saisis de mes mains sures, cette petite fiole où vis un liquide rouge. Comme mon sang, comme son sang. J'ouvre doucement, lentement. J'amène l'extrémité à mes lèvres roses. Je ferme les yeux. Le liquide coule le long de ma gorge. Il brûle, me griffe tout le long de son parcours. Je me rallonge tout près de mon fils. Je sens ce breuvage parcourir mon corps. Je le sens dans mes veines, dans mes yeux. Dans mon C¼UR. Je respire difficilement, lentement. Et je ne respire plus.

Bonjour je m'appelle Elodie, j'ai 18 ans et j'ai tué mon fils, mon Désiré.

# Posté le mardi 29 avril 2008 12:28