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------Elle était assise sur son lit, fixant le vide. Ailleurs ! Une voix la tira de ses songes.
_ Anna, descends tu vas rater ton bus ! , cria sa mère.
------Elle ne répondit pas. Se contentant de prendre son sac de cours et de descendre.
Anna, avait 17 ans. Lycéenne ordinaire. Une vie paisible avec quelques amies. Enfin sa vie était ainsi avant de le rencontrer Lui. Elle était en bas, n'adressant aucun regard à ses parents. Rien, ni même l'ombre d'un geste. Elle était vêtue de vêtements larges et sombres. Elle n'était pas gothique, juste, une autre.
_ Anna, tu peux me dire ce qui ne va pas ! , lui demanda sa mère, en lui caressant les cheveux.
------La jeune fille se contenta d'écarter la main maternelle et de sortir de la maison. Il faisait froid, l'hiver était bien présent. Elle marchait en direction de l'arrêt, traînant les pieds. Elle aperçut au loin quelques personnes. Son c½ur se mit à battre beaucoup plus vite. Elle avait peur. Tellement.
_ A bah voila la traînée. , annonça fièrement une des filles présentes.
------Ils rigolèrent, se moquèrent. Tout était sa faute, à Lui. C'est Lui qui l'avait détruit, qui avait fait d'elle ce qu'elle était devenue. Elle resta un peu à l'écart, son c½ur lui faisait si mal. Soudain quelqu'un se mit à ses côtés.
_ Ma pauvre Anna, comment as-tu pu croire ne serait ce qu'une seconde qu'il pouvait s'intéresser à toi ! , se moqua cette personne.
------Elle se leva, le regard embué de larmes. Ils ne savaient rien, ils ne sauront jamais rien. Son histoire, sa vie, aujourd'hui n'a plus de sens réel. Pourquoi ? Pour comprendre il faut remonter quelques mois plus tôt.
------Les grandes vacances, la plage, le bonheur. Anna était avec ses amies, elles rigolaient à en perdre la voix. Telles des adolescentes. Un groupe de garçon s'approcha d'elles. Parmi eux, Lui. Un sourire, un regard et tout ne vivaient que pour lui. Ils se revirent sur cette même plage. Puis une fête, cette fête où son c½ur ne lui appartiendra plus jamais. Une danse, quelques mots doux. Et leurs lèvres qui ne se lâchèrent plus. Elle souriait, et respirait avec délice l'odeur de celui qui maintenant avait dans ses mains son âme. Si pure était-elle ! Comme un manège qui tournait, ils ne se quittèrent plus. Elle découvrit de nouvelle sensation, celle qui nous donne des ailes pour aller toucher les étoiles en plein jour. Il a mit en elle le bonheur, la passion et le plus grand des amours. Mais à chaque histoire il y a un « mais » ! Il n'a suffit que d'un soir. Quelques amis à lui, beaucoup plus âgés. Elle but, un peu trop. Mais elle se sentait en sécurité dans ses bras. Lui seul devait la sauver du mal. Ce ne fut pas le cas, car lui seul l'avait conduit en enfer. Cette phrase, elle ne l'oubliera jamais.
_ Tiens mon amour, prend ça tu vas voir, c'est génial. , lui susurra-t-il à l'oreille.
------Une poudre blanche, elle refusa. Non pas de drogue.
_ Prouves-moi que tu m'aimes mon ange ! , continua-t-il.
------Elle l'aimait et ne voulait pas le perdre. Stupide direz-vous ! Elle y goûta et comme un délice interdit, elle y prit plaisir. Plaisir de planer, de voler sans quitter la terre. Mais cet ange découvrit un peu tard que des chaînes avaient attaché ses magnifiques ailes blanches en Enfer. Plus les jours passaient, plus elle en voulait. Mais un soir, elle a commis l'irréparable. Ce liquide perfide, cette seringue et ce sang. L'aiguille pénétra sa peau diaphane et le sang étranger se mélangea au sien. Une danse macabre du clair obscure. Ce soir là, elle a signé ce pacte avec le Diable. Cette fin, bien trop rapide à son goût. Le matin, la tête lourde. Elle se leva et regarda autour d'elle. Des corps un peu partout, dormant ou somnolant. Son amour aussi dormait. Elle s'agenouilla à ses côtés, caressant son doux visage angélique. Il se réveilla mais la repoussa.
_ Ne me touches plus !
------Elle ne comprenait pas.
_ Mais qu'est ce qui t'arrives ? Je ne t'ai rien fait.
_ A moi non mais à toi oui. , continua-t-il, avec un sourire sadique.
_ Tu peux m'expliquer ?
_ Tu as le SIDA ma pauvre fille ! , termina-t-il en se levant et en quittant la pièce.
------Et le monde s'écroula et la terre arrêta de tourner. Une chute sans fin. Elle regarda ses bras, de multiples points rouge les ornaient. Peut-être qu'il mentait ? Elle ne pouvait pas se permettre de prendre ce risque. Le lendemain, elle sécha les cours pour se rendre à l'Hôpital. Un n½ud se forma dans son ventre. Elle avait tellement peur. Cette maladie incurable. Cette fin sans vraiment en être une. Elle se présenta à l'accueil, son visage était creux. Comme une marque de sa toxicomanie.
_ Vous désirez ? , lui demanda une dame vêtue de blanc.
_ Je voudrais faire le test du SIDA
------La dame lui pria de la suivre. Elle arriva dans une pièce blanche. Un homme se présenta. Il lui demanda ses papiers puis de retirer son pull et de relever ses manches. Elle avait tellement honte de toutes ces marques. Elle baissa la tête, les larmes coulaient malgré elle. L'homme la regarda. Il ne parlait pas, ne posait aucune question. Une fois le prélèvement de sang fini, il lui donna un papier avec la date et le jour où elle devait reprendre ses résultats. Un mois d'attente, un mois de calvaire et un mois sans lui. Elle lui en voulait mais ne le haïssait pas. Elle l'aimait, elle lui avait tout donné. Sa première fois, son amour et sûrement sa vie. Le mois qui suivit était un des pire de sa vie. Les moqueries, tout le monde était au courant de leur histoire mais pas de son doute pour le virus et de sa dépendance à la drogue. Car oui, elle n'avait pas arrêté. Son seul refuge à la douleur. Le jour de la réponse arriva. Elle se présenta au même endroit. Cette même salle, ce même homme. Elle était assise, tordant nerveusement ses doigts maigres.
_ Bonjour Mademoiselle. , commença le médecin.
_ Bonjour.
_ J'ai vos résultats et je suis navré de vous dire que vous avez le VIH.
------Et plus rien n'eut de couleur, de son et de goût. Et le moule du bonheur se brisa pour l'éternité. Elle rentra chez elle, il lui avait expliqué qu'il y avait un traitement pour limiter l'avancée mais rien ne pourra la guérir. Qu'allait-elle devenir ? Les mois qui suivirent étaient tous aussi dur. Et maintenant elle courait, une destination inconnue. Il se mit à neiger, le froid était si intense. Elle ne lui avait jamais dit son virus. A quoi bon ? Elle s'arrêta devant un Lac, il était gelé. Tout comme son c½ur. Elle ne faisait pas cette trithérapie pour ralentir son mal. Elle ne voulait pas vivre. Elle avait tout perdu. Vraiment tout. Elle s'asseya sur la neige, se recroquevillant sur elle-même. Le froid l'entourait, le vide l'appelait. Elle pleurait, vidait son c½ur du moindre de vie qui lui restait. Les gens passent, ignorant. Soudain quelqu'un se mit à ses côtés.
_ Moi aussi quand je suis malheureux je viens ici, c'est calme et pur. , dit-il doucement.
------Elle ne répondit pas, pleurant toujours et encore. L'acide du mal, la brûle à chaque larme. Puis cette personne se tut, laissant comme seul son ; la nature et la peine.
_ Qu'est ce qui peut faire pleurer une jeune fille comme toi ? Ce ne doit pas être bien grave ?
------Comment pouvait-il parler sans savoir ? Elle releva la tête, plantant son regard humide dans celui de l'homme qui lui parlait.
_ Si pour vous avoir le SIDA ce n'est pas grave, et bien c'est votre problème, pour ma part...
------Elle ne termina pas sa phrase. Lui, l'homme qui lui avait annoncé sa fin. Pourquoi lui avait-il dit ça ?
_ Je sais que tu es malade, mais tu es encore en vie. Tu peux continuer, vivre et être heureuse.
------Elle ne lui répondit pas, ignorant ce qu'il lui disait. Il ne pouvait pas la comprendre. Elle était juste coupable de trop d'amour. Et comme on dit : « L'amour rend aveugle ! ». Certes mais elle aurait dû se méfier. L'homme se leva et partit. Le lendemain on retrouvera le corps froid et sans vie d'Anna, car pour elle, rien ne valait plus la peine. Juste une lettre, juste quelques mots. Un Adieu.
« Parce que je vous aime et que je souffre de trop de douleur. Je suis la seule coupable de ce mal qui me ronge depuis 4 mois, ce mal que j'ai contracté par stupidité. Certaines personnes me trouveront idiote et d'autre lâche. Mais personne ne comprendra ma peine. Car à trop lui avoir donner d'amour, j'en ai perdu la Vie. Et si le Paradis veut bien de Moi, je promet de ne jamais oublier ma vie, mes erreurs. Parce que l'amour ne rime pas avec la drogue, la maladie et la mort ! J'avais des rêves, des envies, des amies. Mais tout s'est échappé entre mes doigts, tel le sable fin que le vent emporte à 1000 lieux du monde. Pleurez-moi autant que moi j'ai versé de larmes ! Aimez-moi aussi fort que je l'ai aimé. Mais ne me détestez jamais autant que je hais son corps, son c½ur et la réalité. Mourir, c'est ne jamais revenir, mais ce ne sera jamais se quitter pour toujours.
Anna »
Anna »
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